« 2006-10 | Page d'accueil | 2007-02 »
30.01.2007
ANNEE 1944(Hiver)
Ce début d'année se passe en alertes quasi quotidiennes, environ une cinquantaine dans ce 1er trimestre autant de jour comme de nuit.
L'annonce de l'utilisation des V1 et des V2 sur Londres refroidit un peu notre espoir de libération proche.
Notre vie scolaire est fortement perturbée et un jour un de nos professeurs excédé par ces alertes nous emmène dans les caves du collège qui sont en réalité les sous sol des anciennes arènes de Ceasarodunum, 1ère ville romaine construite à l'emplacement de l'opidum gaulois.
Ces alertes incessantes nous fatiguent énormément et avec mes parents nous établissons un tour de garde à chaque alerte nocturne pour n'avoir à se lever qu'en cas de bombardement.
Notre cerveau est tellement conditionné que celui qui est de garde se lève presque avant le 1er hurlement de sirène.Aujourd'hui même je suis sans doute un des rares habitants de St Orens à entendre les sirènes de Toulouse le 1er Mercredi de chaque mois.
15:53 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
29.01.2007
ANNEE 1943 (Automne)
Nous redescendions d'une ferme, où nous avions travaillé toute la journée, par une nuit noire et sans lune. Tout était très calme. C'est alors que nous avons entendu un moteur de moto, sur la route plus bas.
Soudain une puissante moto et un side car sont passés à moins d'un mètre de nous, dissimulés dans les fourrés. Aussitôt que les Allemands furent passés nous sommes redescendus rapidement vers la maison de ma grand mère où je suis entré aussitôt.
Mes parents sont alors un peu pris au piège car les Allemands redescendent et cherchent dans le feu des phares de la moto. Mes parents sont obligés de se cacher dans les W C extérieurs et d'attendre que les soldats partent. Ils y resteront plus d'une demi heure et ne partiront vers la maison qui les héberge que longtemps aprés et en passant à travers champs.
Voilà. Continuellement, nous devions nous cacher et être discrets, car si la défaite des Allemands à Stalingrad nous redonne espoir,elle énerve les soldats allemands qui ne cherchent qu'à nous nuire par tous les moyens.
Les alertes se multiplient et les raids alliés se succédent à une cadence soutenue, que ce soit de jour ou de nuit.
15:53 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.01.2007
ANNEE 1943(l'été)

Dès la fin Juin, je pars chez ma grand mère à une quinzaine de Km de Tours et mes parents me suivent peu aprés. Mon père fait le trajet matin et soir en vélo
Tous les moyens sont bons pour récupérer des morceaux de tissus pour renforcer les pneus qui s'usent sans pouvoir être remplacés.
Un jour, malheureusement pour ses occupants , un avion allié est touché par la DCA allemande et tombe à quelques Km du lieu où je me trouvais.
Nous faisons une expédition sur le lieu de la chûte et nous récupérons tout ce qui n'a pas brûlé , toujours pour renforcer nos fameux pneus de bicyclette.
15:44 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.01.2007
1943(Printemps)
Vers neuf heures du soir, sans qu'il n'y ait eu d'alerte préalable, nous entendons passer deux ou trois avions à faible altitude. Puis quelques minutes plus tard 4 ou 5 explosions
Le lendemain les journaux accusent les "anglo américains" d'avoir bombardé un quartier civil de Tours.Cependant des amis qui habitaient près du terrain d'aviation nous ont certifié que les avions étaient allemands et s'étaient envolaient juste au dessus de chez eux.
Un matin du mois de Mai, une violente explosion retentit et quelques minutes plus tard un épais nuage de fumée noire s'élevait dans le ciel, loin vers le sud.
Aucune information ne transpira et ce n'est que par le bouche à oreille qui fonctionnait de mieux en mieux que nous avons appris qu'un dépôt de fulmi coton(T N T) avait explosé dans la poudrerie du Ripault faisant une cinquantaine de morts.
15:17 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
25.01.2007
1943(suite)
L'hiver avançait et le problème chaussures commençait à se poser. Les semelles de nos "galoches" étaient en bois, mais ce qui était nouveau c'est que le dessus de la chaussure n'était plus en cuir mais dans une sorte de carton bouilli enduit de colle noire.Il ne fallait pas se mouiller les pieds car le carton bouilli se déchirait
Notre voisine, une pauvre vieille brûlait tout ce qu'elle trouvait dans son "jardin".En plus elle ne faisait pas ramoner sa cheminée, d'où un feu de cheminée que les pompiers appelés éteignirent très vite. Mais ce feu d'artifice avait attiré l'attention des Allemands qui envoyèrent rapidement un avion survoler les lieux pour voir ce qui se passait.
Nous ne comprenions pas toujours les événements qui survenaient quotidiennement. Seuls ceux qui avaient des frères ou soeurs plus âgés , nous apportaient les informations qui nous manquaient.
C'est à cette époque que toutes les statues de bronze de Tours furent envoyées à la fonderie pour faire des projectiles pour les Allemands.
15:16 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
23.01.2007
1943 (suite)
Des bombardement sporadiques commencent à retentir dans le sud de la ville ou sur la Loire. Les "Ligtning" que nous surnomons les "double queues" agissent avec méthodes au plus près de l'objectif.
Bientôt, nous entendons parler de "maquisards", hommes de l'ombre, Forces Françaises de l'Intérieur ou (F.F.I.) , Francs Tireurs Partisans ou(F.T.P.) qui sabotent le matériel allemand au péril de leur vie(Voir le film "la bataille du rail")

Nous commençons à comprendre que les messages personnels qui terminent les émissions de Radio Londres sont destinés justement à ces maquisards. Le plus célèbre restera:"Les sanglots longs des violons..." qui annoncera le débarquement.
Mon père un beau jour est confronté à la Gestapo en allant vérifier un chantier chez un résistant qui venait d'être arrêté. Il dut attendre que la Police secrète vérifie auprès de la Mairie si ce qu'il disait était vrai pour être relâché.
13:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.01.2007
ANNEE 1943(hiver)
Toujours la même vie avec des soldats allemands de plus en plus arrogants
La plupart des véhicules sont réquisitionnés (autos, chevaux, bicyclettes)Je dois, la mort dans l'âme aller porter mon vélo au commissariat. Mon père du fait des obligations de son métier possède le précieux "laisser passer".
A la campagne , c'est un peu la pagaille et ma grand mère conserve le sien ..qui me servira par la suite.
L'espoir renaît lorsque nous apprenons les premiers déboires de l'armée allemande en URSS et en AFN...mais c'est si loin pour nous.
Les sirénes mugissent de plus en plus souvent et les alertes nous tirent du lit ou interrompent les cours,afin que nous descendions aux abris.
Au collège certains professeurs qui seront ensuite radiés à la libération affichent leurs opinions proallemandes et un prof de musique trouve regrettable que le chant "Maréchal nous voilà" qui est obligatoire soit si mièvre et si peu musical.
10:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
ANNEE 1943(hiver)
Toujours la même vie avec des soldats allemands de plus en plus arrogants
La plupart des véhicules sont réquisitionnés (autos, chevaux, bicyclettes)Je dois, la mort dans l'âme aller porter mon vélo au commissariat. Mon père du fait des obligations de son métier possède le précieux "laisser passer".
A la campagne , c'est un peu la pagaille et ma grand mère conserve le sien ..qui me servira par la suite.
L'espoir renaît lorsque nous apprenons les premiers déboires de l'armée allemande en URSS et en AFN...mais c'est si loin pour nous.
Les sirénes mugissent de plus en plus souvent et les alertes nous tirent du lit ou interrompent les cours,afin que nous descendions aux abris.
Au collège certains professeurs qui seront ensuite radiés à la libération affichent leurs opinions proallemandes et un prof de musique trouve regrettable que le chant "Maréchal nous voilà" qui est obligatoire soit si mièvre et si peu musical.
10:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.01.2007
ANNEE 1942(fin)
A l'automne je rentre à TOURS et je commence ma 4ème.
Chaque dimanche d'Octobre, je pars avec mon père pour les vendanges. Je ne peux souffler un peu qu'à partir de Novembre.
Mon père , avec un tuyau de poêle fermé aux deux extrémités a fabriqué un appareil qui nous permet de torréfier de l'orge pour remplacer le café qui est introuvable.
Nous mangeons de tout.: Des rutabagas pour remplacer les pommes de terre. Au printemps des pousses d'ortie qui bien cuites ont le même goût que les épinards.
Les sirénes retentissent à nouveau et les soldats allemands sont de plus en plus nerveux. Lorsque nous traversons une rue il faut prendre garde aux véhicules miltaires qui filent à pleine vitesse sans s'occuper des piétons.
Les nouvelles militaires sont plus encourageantes: Victoire d'El Alamein et débarquement des Alliés en Afrique du Nord.
15:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
19.01.2007
1942(L'été)
Les paysans sont surveillés de très près pour qu'aucune bête n'échappe au recensement.
Le matériel mis à leur disposition n'est pas très performant.La ficelle de cisale a été remplacée par de la ficelle en papier...bien moins solide. Il faut la graisser pour qu'elle passe dans les rouages de la moissonneuse. Mais bien des gerbes éclatent et je suis derrière pour rattacher les gerbes déliées.
Je ne suis pas habitué aux sabots de bois et j'ai bien souvent, le soir, les pieds en sang.
Pour les "batteries", je donne un coup de main à la cuisine car je ne suis pas encore assez fort pour aider les hommes.
Durant cet été, je me pose des questions sur le comportement de l'église qui semble suivre l'occupant. La mascarade de " Notre Dame de Boulogne" ne m'apporte aucune réponse.
13:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note


